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15.08.1999

Les valeurs du système et nos valeurs

Les valeurs du système, transmises par l’éducation depuis la petite enfance, sont essentiellement de deux ordres :

1) L’obéissance

2) La valeur personnelle en fonction des choses que l’on possède

Ainsi l’obéissance aux indications du monde établi avec les années se grave à différents degrés et différentes nuances. Le concept d’autorité, ce qu’il faut faire et ne pas faire, la gamme des prestiges, les tabous, le courage, la beauté, etc… s’incorporent. Le point est : ne pas discuter et respecter.

Il est clair que nous renions tout cela dans notre concept de remise en question permanente du monde établi : le système.

Notre remise ne question n’est ni gratuite ni destructive : tout au contraire. Pour nous il s’agit de tout remettre en question de sorte que ce qui est valable persistera et ce qui est mensonger sombrera par l’attitude critique.

Nous constatons que beaucoup de valeurs, dépourvues de sens ou même préjudiciables pour l’être humain, se perpétuent par simple habitude ou formalité.

En ce qui concerne la valeur personnelle liée à ce que l’on possède et non à ce que l’on est, il s’agit d’une forme de « chosification » très forte qui s’incorpore depuis la petite enfance. Ainsi « avoir », « posséder » est une des valeurs maximum du système et pour les gens, tout le long de la vie, depuis l’enfance en passant par l’adolescence, l’age adulte, la vieillesse, se déroule une vie parsemée d’accumulations et de pertes, de succès et d’échecs, dans le sens de la possession.

Tout est objet de possession : les jouets, puis les biens, la connaissance, l’aspect physique, etc… Tout cela entraîne le blocage dans la communication humaine. De notre point de vue les objets sont des instruments, des outils, des moyens en général (plus précisément des prothèses). Ils n’ont aucune valeur en soi mais une valeur quant à leur usage. Cette valeur c’est la capacité de les utiliser avec plus ou moins de brio pour faire quelque chose. Par exemple un jouet est fait pour jouer, se divertir, le prêter et créer des relations. De sorte que l’intérêt d’un objet est d’en faire quelque chose, de construire et de s’en servir pour établir « l’intercommunication ».

Ce qui est important pour nous, c’est : donner, partager, échanger, aider et être solidaire.

Ce qui est important pour le système, c’est posséder, retenir, enlever, utiliser et s’approprier.

Il est évident que lorsqu’une personne entre dans le mouvement elle vient éduquée par le système et apporte avec elle ses valeurs et son éducation (chosification). Cependant avec le temps, nos valeurs et notre éducation remplace l’antérieure.

Si il y a des conflits ou si les valeurs antérieures prévalent sur les nouvelles, les résistances qui se génèrent, les réserves et les superpositions font qu’il se produit une mauvaise formation et une atmosphère bizarre de mélange entre nos valeurs et celles du système. Ce qui à plus ou moins long terme, produit une rupture.

Il est souhaitable d’incorporer une nouvelle éducation et de nouvelles valeurs tout en comprenant que nous n’avons pas choisi les antérieures ; les nouvelles étant le produit d’une plus grande intentionalité et d’un plus grand choix.

Silo, août 1988

12:00 Publié dans Nouvel Humanisme | Lien permanent